SAFe : quand l’agilité prend une dimension stratégique

L’agilité est devenue une évidence pour les équipes de développement logiciel. Mais dès qu’une organisation grandit et multiplie les initiatives, une question se pose : comment coordonner des dizaines d’équipes tout en gardant l’esprit agile ? Le Scaled Agile Framework (SAFe) propose une réponse, adoptée aujourd’hui par un nombre croissant d’entreprises suisses et internationales.

Pourquoi l’agilité ne suffit plus à petite échelle

Les premières expérimentations agiles, inspirées du Manifeste publié en 2001, ont montré leurs bénéfices : cycles courts, équipes autonomes, meilleure réactivité face aux besoins clients. À Lausanne comme à Genève, nombre de projets informatiques reposent déjà sur Scrum ou Kanban.
Mais une organisation moderne ne vit pas uniquement de logiciels. Les services RH, financiers ou marketing fonctionnent encore souvent selon des logiques classiques. Résultat : des équipes agiles qui avancent vite… mais se heurtent à des processus lourds dès qu’elles dépassent le périmètre IT.

C’est ce décalage que SAFe entend combler : donner un cadre global qui relie toutes ces initiatives et aligne les efforts de l’entreprise entière.

L’essence de SAFe : rythmer l’entreprise comme un orchestre

Contrairement à une idée reçue, SAFe n’est pas seulement une « méthode agile de plus ». C’est un cadre organisationnel qui propose une synchronisation à plusieurs niveaux.
On y retrouve la notion de train agile une entité regroupant plusieurs équipes. Ces trains définissent un tempo commun, généralement sur dix semaines. Chaque cycle, appelé Program Increment (PI), est l’occasion d’un grand rituel : le PI Planning.
Durant deux jours, toutes les parties prenantes se retrouvent parfois plusieurs centaines de personnes. Les objectifs du cycle sont fixés collectivement, les dépendances sont clarifiées, et chacun repart avec une feuille de route claire. Ce n’est plus seulement du management de projet : c’est un moment de cohésion, où la créativité collective prend toute sa place.

La Suisse comme terrain d’expérimentation

Si l’on observe le marché suisse, SAFe gagne du terrain rapidement. Un rapport publié par SwissQ montre que son adoption est passée de 12 à 18 % en un an seulement. Autrement dit : presque une entreprise sur cinq parmi les grands acteurs helvétiques a déjà franchi le pas.
Chez Swisscom, par exemple, le département dédié à la donnée et à l’intelligence artificielle fonctionne désormais avec six trains agiles, réunissant 250 collaborateurs. Tous avancent sur un rythme commun de dix semaines, découpées en itérations de deux semaines.
D’autres entreprises, comme La Mobilière, ont repensé en profondeur leur mode de management. Les managers ne distribuent plus les tâches : ce sont les équipes qui « tirent » le travail quand elles se sentent prêtes, selon une logique de responsabilisation progressive.

Les défis : culture, résistance et leadership

Évidemment, élargir l’agilité ne se fait pas sans heurts. Les enquêtes menées à l’échelle mondiale révèlent trois obstacles majeurs :

  1. Une culture organisationnelle encore attachée aux anciens réflexes.
  2. La peur du changement, qui freine certaines directions.
  3. Un soutien parfois trop timide des instances dirigeantes.

Ces difficultés existent aussi en Suisse. Mais lorsqu’elles sont accompagnées par un consultant agile expérimenté, basé à Genève, Lausanne ou Zurich, elles peuvent être transformées en leviers de progression. Car l’introduction de SAFe n’est pas qu’une question de processus : c’est avant tout un changement d’état d’esprit.

Quand la confiance devient la nouvelle hiérarchie

Un des bouleversements les plus marquants introduits par SAFe concerne le rôle du management. Le modèle traditionnel du contrôle laisse place à une logique de confiance et de transparence.
Chaque cycle, les équipes s’engagent sur des objectifs visibles de tous. Plus de planification opaque à six mois : les collaborateurs savent où ils vont et pourquoi. Cette clarté est souvent vécue comme un soulagement.
Un sondage international confirme cette tendance : seuls 5 % des dirigeants interrogés pensent encore qu’il faut « commander et contrôler » les équipes. La grande majorité estime qu’il est préférable de faire confiance et de responsabiliser.

L’apport concret des consultants agiles en Suisse

Mettre en œuvre SAFe exige bien plus qu’un simple guide méthodologique. Les organisations qui réussissent le mieux sont celles qui se font accompagner par des experts en agilité basés en Suisse.
À Genève, un coach agile peut aider une banque à synchroniser ses équipes digitales. À Lausanne, un consultant agile facilite la mise en place d’un PI Planning pour un programme d’innovation. À Zurich, un spécialiste accompagne une entreprise industrielle dans l’alignement de ses trains agiles avec sa stratégie corporate.
Dans tous les cas, le rôle de ces accompagnateurs est le même : créer un pont entre la vision stratégique des dirigeants et la réalité opérationnelle des équipes.

Conclusion : l’agilité comme stratégie d’entreprise

SAFe illustre un changement majeur : l’agilité n’est plus seulement un outil pour l’IT, mais une stratégie d’entreprise. En Suisse, de plus en plus d’acteurs l’expérimentent pour supprimer les frictions, accélérer l’innovation et renforcer l’engagement des collaborateurs.
Le chemin demande du courage, car il bouscule des habitudes profondément ancrées. Mais avec l’appui de consultants agiles expérimentés, les entreprises découvrent que transparence, confiance et alignement collectif ne sont pas des utopies… mais des moteurs de performance durable.